Edouard Hue est un chorégraphe basé à Genève dont le travail s’est imposé sur la scène chorégraphique internationale par une écriture physique, instinctive et profondément sensorielle.
Depuis la fondation de la Beaver Dam Company à Genève en 2014, il développe un répertoire de neuf créations, parmi lesquelles All I Need, Dive et Yumé, diffusées en Suisse et à l’international. En parallèle du travail mené avec sa compagnie, il est régulièrement invité à créer pour des compagnies et ballets internationaux.
Il signe notamment No Matter pour Gauthier Dance (Stuttgart), Titan pour le Ballet Basel, L’Oiseau de Feu pour le Ballet de l’Opéra Grand Avignon et Skinny Hearts pour le Bayerisches Staatsballett à Munich, à l’invitation d’Angelin Preljocaj et Laurent Hilaire. En 2026, il crée The Game of Life pour le Scottish Dance Theatre, avant une nouvelle création autour des Histoires naturelles de Maurice Ravel pour le Ballet de l’Opéra national du Rhin en 2027.
Avant de développer son travail de chorégraphe, Edouard Hue mène une carrière d’interprète auprès de Hofesh Shechter, Damien Jalet et Olivier Dubois. Cette expérience nourrit une recherche chorégraphique dans laquelle virtuosité, précision et sensations physiques sont étroitement liées. En 2019, son parcours d’interprète est distingué par le Prix Suisse de danse « Danseur exceptionnel ».
Son langage chorégraphique se construit autour d’une physicalité engagée, où la structure et la précision du geste deviennent les conditions d’une liberté instinctive. À travers ses créations, Edouard Hue cherche moins à imposer une forme qu’à faire émerger des états de corps, entre puissance, vulnérabilité et décharge émotionnelle.
Parallèlement à ses créations, il transmet son répertoire et son approche du mouvement auprès de nombreuses institutions de formation, notamment la Zürcher Hochschule der Künste, la Greek National Opera Dance School, l’École de danse contemporaine de Montréal, le Ballet Junior de Genève et SEAD – Salzburg Experimental Academy of Dance.
Danser, c’est explorer un paysage intérieur.
C’est faire jaillir des forces enfouies.
C’est consentir à être transformé, déplacé.
Manifeste artistique
Je cherche une danse qui déborde. Qui vibre à la frontière de l’extase et de la maîtrise. Je la veux abondante, habitée par une nécessité intérieure, une pulsation intime.
Je crée pour ressentir, pour traverser, pour transmettre un état. Chaque projet est une prise de parole physique, un précipité de sensations, une dramaturgie organique, construite dans le choc du corps avec lui-même, avec l’autre, avec le monde.
Je travaille avec rigueur, mais pas pour domestiquer le mouvement : je l’organise pour mieux le libérer. Je veux que la structure soutienne l’instinct, que la précision devienne un tremplin vers l’abandon. C’est dans cette tension – dans cet entre-deux – que s’invente ma danse.
Le geste n’est jamais décoratif, jamais démonstratif. Il est vécu, profond, nécessaire. Je cherche à mettre les corps en crise, à les pousser vers leurs limites, à révéler leur fragilité, leur puissance, leur vérité. J’imagine mes pièces comme des espaces d’éveil, où chaque interprète peut s’abandonner à une matière mouvante, exigeante, exaltante. Il ne s’agit pas d’atteindre une forme, mais de se laisser changer par le processus.
Je me positionne dans le faire, dans l’agir, dans une énergie proactive qui me pousse à m’exposer, à transmettre, à incarner.
Transmettre, pour moi, ce n’est pas enseigner une technique. C’est ouvrir un chemin. Permettre à chaque corps de trouver son propre vocabulaire, de creuser dans l’instinct, dans la qualité du geste, dans la sensation pure. Proposer un espace de confiance, de risque.
Je ne chorégraphie pas pour donner des réponses. Je chorégraphie pour créer des états de corps, des états de présence. Je crois à une danse qui bouleverse, qui déplace les repères, qui nous rappelle que la liberté la plus radicale peut naître de la contrainte la plus précise.

